Gansu : première centrale thermique au sel fondu d'Asie

Inaugurée le 26 décembre 2016 à Dunhuang, dans la province du Gansu (nord-ouest de la Chine), ce site qui peut fonctionner 24 heures sur 24 à 100% avec l'énergie solaire, n'aura plus besoin de postcombustion d'énergie supplémentaire, ce qui résout le problème traditionnel de dépendance du vent, de la lumière et autres conditions pour générer l'électricité.

Cette installation aidera au quotidien plus de 30 000 ménages, sans polluer l'environnement.

Avec 115 mètres carrés pour chaque héliostat, le champ de surface de lumière réfléchie atteindra une superficie de 175 000 mètres carrés.

Prévu pour une capacité de production de 10 mégawatts, le site ne constitue que la première étape du projet de construction, prévoyant par la suite une installation plus ambitieuse conçue pour 100 mégawatts.

Le principe de la centrale thermique solaire au sel fondu consiste à installer en haut du site un dispositif pour absorber la chaleur des lumières réfléchies. L'énergie solaire pouvant être ainsi transmise à travers le sel fondu pour être stockée.

Ce type de centrale peut fonctionner la nuit ou par temps nuageux, puisque l'énergie conservée dans le sel fondu permet de produire de l'électricité sans dépendre des énergies traditionnelles comme le vent ou le soleil.

La ville de Dunhuang envisage la construction de centrales thermiques solaires dont la capacité totale pourrait atteindre 1110 MW, avec une capacité annuelle de production de l'ordre de 1,87 milliards de kilowattheure. Selon le tarif en vigueur de 0,9 yuans par kWh, le revenu annuel pourrait s'élever à 1.7 milliards de RMB en générant 400 millions de yuans d'impôt.

Brexit à pile ou face?

Le Brexit constitue une catastrophe pour les Britanniques, il amorce
  • la chute de la livre,
  • le déclin de la City,
  • la chute des investissements en Grande Bretagne.
La Grande Bretagne aveuglée par ses succès vote le Brexit qui scie la branche du succès. Les Britanniques risquent un réveil difficile! Il est malheureux que 25% de la population britannique ait décidé de ce funeste destin! Pire même, la différence entre pour et contre fut de 1 million de voix. 1% de la population a donc décidé de l'avenir de la Grande Bretagne. Autant dire que l'avenir de la Grande Bretagne s'est joué à pile ou face, est ce vraiment démocratique? Des recours juridiques sont ils possibles?
S'il se confirme, le Brexit nous avantage:
  • La gestion de l'euro revient sur le continent qu'il n'aurait jamais du quitter, des banques reviendront sur le continent,
  • Des sièges d'entreprises et des usines s'installeront sur le continent pour avoir une base en Europe.
L'article 50.1 précise: Tout état membre peut décider conformément à ses règles constitutionnelles de se retirer de l'Union dans un délai de 2 ans après le dépôt de la demande.

Plus rapide pour les usagers, plus économique pour les communes

En France aussi, les municipalités sont tentées. “Paris et Rouen nous ont déjà contactées”, assure Thomas Sabatier, le fondateur de The ChatBotFactory. Sa startup développe des services de conversation intelligente pour les entreprises et collectivités. Elle lancera bientôt un service gratuit de géolocalisation de bornes de recharge électrique et planche sur de nouveaux sujets, comme un agenda culturel qui proposera des idées de sorties selon vos goûts.

“Entre 40 et 60% des requêtes des utilisateurs ne nécessitent aucun raisonnement, comme trouver l’horaire d’ouverture d’une piscine ou l’adresse d’une déchèterie”. Des tâches pour lesquelles le robot est parfaitement adapté. C’est bien plus pratique que d’aller fouiller dans les centaines de pages d’un site web, assure Thomas Sabatier. En plus, le service est disponible 24 heures sur 24, là où les horaires des administrations sont parfois limités. Dans certaines communes rurales, la mairie n’est ouverte que quelques heures par semaine !

Gagnant pour les usagers et gagnant pour les mairies, alors que le personnel représente 40% des dépenses des communes en 2016 (+80% en 20 ans). “Les employés auront plus de temps pour s’occuper des questions complexes”, explique Thomas Sabatier. Encore faudra-t-il qu’ils soient formés pour cela… En tous cas, 56% des Français considèrent déjà les chatbots comme un outil qui simplifiera leur vie à l’avenir, selon une récente étude Do You Dream Up.

L'or gris : un livre à charge contre les maisons de retraites

(Note de l'auteur : même si nous ne sommes pas forcément d'accord avec tout ce qui est dit dans cette critique de L'Or gris, par souci d'honnêteté vis à vis des lecteurs et visteurs de ce blog, nous publions  tous les articles consacrés à l'ouvrage

François Nénin, auteur de l'Or gris)

Après On tue les vieux, Silence, on frappe ou encore On achève bien nos vieux, voici un nouveau livre à charge pour les maisons de retraite. L'Or Gris de François Nénin décrit tout par le détail. Des escarres nettoyés à l'eau de javel, des toilettes réalisées à 4h du matin pour "avancer" l'équipe de jour sans considération du rythme individuel du résident, des personnes âgées qui dorment sur des lits de camp, la saleté des chambres, les résidents attachés et gavés au risque de leur briser les dents, les prix exorbitants des maisons de retraite... la lecture de cet ouvrage est simplement insupportable.

L'enquête est poussée, et le travail documenté. On comprend que l'auteur a pris soin d'interviewer les acteurs du secteur (syndicats, dirigeants de maisons de retraite, politiques, personnels soignants, familles et aussi médias...) et d'étoffer son discours d'articles et de résultats d'études.

La maltraitance institutionnelle ne fait aucun doute et il y a certainement beaucoup de progrès à faire pour écouter et respecter la personne âgée. Néanmoins, on peut regretter dans cet ouvrage l'absence totale de nuances. Rien ni personne ne trouve grâce aux yeux de l'auteur. Pas la moindre initiative. Le ton ironique et lapidaire pourrait faire sourire si le sujet n'était aussi grave. Car l'auteur n'avance aucune piste, contrairement à 12 Gériatres en colère du Pr Soubeyran. Il dénonce sans participer à la reconstruction. Dommage.

L'Or Gris, de François Nénin avec Sophie Lapart

Débat truqué sur le traité constitutionnel

http://www.monde-diplomatique.fr/2005/02/CASSEN/11908

Débat truqué sur le traité constitutionnel, Le Monde Diplomatique, Feb. 2005
Jusqu’à fin 2006, la grande affaire européenne va être la ratification, par les vingt-cinq membres de l’Union, du traité établissant une Constitution pour l’Europe. Qu’elle s’effectue par la voie parlementaire ou par référendum, l’approbation d’un document affichant une telle ambition aurait dû être précédée du bilan de l’action de l’Union, en particulier à l’égard de ses partenaires d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (lire « Ces accords que Bruxelles impose à l’Afrique »), et d’un examen exhaustif de son contenu. Ce n’est pas le cas. Le débat, lorsqu’il a lieu, évacue à dessein la troisième partie d’un traité dans lequel dominent les termes « marché », « banque », « concurrence » ou « capitaux ».

75% des gens qui votent pour Bush pensent

75% des gens qui votent pour Bush pensent qu'il y a un lien entre les attentats du 11 septembre et la guerre en Irak ou plus précisément entre Al-Quaida et Saddam Hussein. C'est-à-dire que 75% des électeurs de Bush sont manipulés au moins sur ça. Et ça ne veut pas dire que les pro-Kerry sont absolument clairvoyants et tout à fait conscients des enjeux de ce vote, il y a certainement autant de démocrates aveuglés que de républicains.
Maintenant, considérant un autre fait : des sondages effectués en Europe montrent que si les Européens avaient dû voter pour l'un des deux candidats, Bush aurait été battu à plate couture. Même au Canada, pourtant fortement américanisé et où la plupart des jeunes sont totalement dépolitisés, vous trouverez rarement un partisan de Bush. Même les chaînes nationales ont un discours clairement orienté vers Kerry.
Alors comment est-il possible que passées la frontière les mentalités changent à ce point ?
Je crois que le peuple américaine est totalement replié sur lui-même, autarcisé. Il est évident qu'il est mal informé, or le rôle de l'information revient aux journalistes, qui ne font donc pas leur travail. Une des plus vieilles démocraties du monde, qui plus est la première puissance économique et militaire, pratique la désinformation et la propagande auprès de ses citoyens. On a affaire à un système complètement perverti et détourné au profit de quelques un et la réélection de Bush ne fait que souligner cette situation, elle n'en est qu'un symptôme. Voilà qui gouverne le monde, Mesdames et Messieurs.

Mutations incertaines de l’économie

http://www.monde-diplomatique.fr/2004/10/SI_ZOUBIR/11558

En 2004, la Chine devrait connaître une progression du produit intérieur brut (PIB) comprise entre 8 % et 9 %. Elle est devenue la première destinataire mondiale des investissements directs étrangers, qui pourraient atteindre, toujours en 2004, le seuil historique des 70 milliards de dollars. Troisième importateur (1) et quatrième exportateur dans le monde, elle a tiré vers le haut la croissance mondiale.

On en parle volontiers comme de l’« atelier du monde », fabriquant des produits bas de gamme. Or, comme le relève Patrick Artus, responsable de la recherche économique chez CDC Ixis Capital Markets, « la Chine devient un producteur compétitif et de qualité dans un nombre de plus en plus élevé d’industries : textile, jouets, acier, construction navale, mais aussi électronique, électroménager, métallurgie, biens d’équipement et, dans le futur, automobile, espace, meubles. La croissance de la production industrielle est particulièrement forte pour l’informatique et l’électronique, l’acier et l’automobile (2) ».

La Chine est-elle pour autant responsable de la destruction de milliers d’emplois en Occident ? « C’est vrai qu’elle attire les délocalisations », reconnaît l’économiste américain Jeremy Rifkin, pour qui l’économie chinoise emprunte les mêmes chemins que ses homologues occidentales. « Mais elle détruit aussi des emplois industriels, rappelle-t-il, et encore plus vite que n’importe quel pays. » Entre 1995 et 2002, son industrie a perdu 15 millions d’emplois, soit 15 % de sa main-d’œuvre de production.

Par ailleurs, sans minimiser la vigueur de l’économie, nombre d’observateurs émettent des doutes sur la fiabilité des statistiques officielles. Selon eux, la croissance du PIB aurait été surestimée entre 1997 et 2002, de manière à ne pas décourager les investisseurs étrangers, et sous-estimée depuis 2003 de manière à accréditer la thèse d’un ralentissement maîtrisé de l’économie. Les interrogations portent aussi sur l’importance de créances douteuses détenues par les banques locales : une menace sérieuse pour la stabilité de l’économie. Pékin affirme que celles-ci représentent moins de 10 % de l’ensemble des créances, alors que les banques d’affaires occidentales les estiment à 30 %, voire à plus de 50 %. En fait, « le manque de transparence généralisé continue à entourer l’économie (3) », explique le journaliste Michel de Grandi. Plusieurs scandales ont déjà ébranlé les Bourses de Shanghaï et de Shenzhen, notamment celui de l’assureur China Life, dont la maison mère a reconnu un trou de 700 millions de dollars dans sa comptabilité. Preuve que la Chine est loin d’être à l’abri des errements du capitalisme mondialisé, un nombre croissant de sociétés nationales sont désormais enregistrées dans des paradis fiscaux comme les îles Vierges ou les îles Caïman.

Autre question abordée par les économistes, anglo-saxons notamment : la parité entre le renmimbi (yuan) et le dollar. Depuis le milieu des années 1990, un dollar vaut 8,28 yuans. Pour les Etats-Unis, cette parité fixe sous-évalue la valeur du yuan et, par conséquent, offre une meilleure compétitivité au made in China au détriment des produits américains. Le déficit commercial entre les deux pays (près de 125 milliards de dollars en faveur de la Chine) viendrait essentiellement de cette sous-évaluation. D’où des pressions récurrentes sur le gouvernement chinois pour qu’il réévalue sa monnaie. Ces gesticulations de Washington masquent l’incapacité de l’économie américaine à rivaliser, dans certains secteurs, avec sa concurrente chinoise, et le penchant du pays à vivre au-dessus de ses moyens. Car, pour financer leur déficit extérieur, les Etats-Unis s’endettent en émettant des titres que la banque centrale chinoise et ses homologues asiatiques achètent. Et, pour entretenir la consommation interne, ils importent les produits chinois à bon marché...

La vie vertueuse du ver de terre

Qu’y a-t-il après la mort ? C’est une question que bien des gens se posent. Enfer ? Paradis ? Une autre vie ? Dans certaines religions, on se réincarne tant que nos actions sur terre sont vertueuses. Que l’on ne fait de mal à personne, par exemple. Il y a parfois une hiérarchie dans la réincarnation : on est plante, puis animal, puis être humain, et enfin on arrive au paradis. Si nos actions dans la vie passée ont été trop mauvaises, on repasse au stade inférieur.
Vous souvenez-vous du film « Sept ans au Tibet » ? Les villageois doivent construire un cinéma mais ils répugnent à creuser la terre de peur de tuer les vers de terre qui y vivent, car ceux-ci pourraient être leurs ancêtres réincarnés.
Quelle vie vertueuse un ver de terre peut-il accomplir pour passer au stade supérieur de la réincarnation ? Un ver de terre, mais aussi tous les animaux et végétaux. Un arbre peut-il être mauvais ? Certains animaux sont plus agressifs que d’autres mais est-ce pour autant de la méchanceté ? Les animaux et les plantes sont-ils dotés d’une conscience ?
Un individu dont le cycle de réincarnations est épuisé et dont l’âme a atteint un état de vertu tel qu’elle peut se libérer de toute vie terrestre, ne devrait-il pas justement se réincarner encore une fois pour aider ceux qui doivent rester sur terre ? Ou peut-être la fin du cycle de réincarnation suppose un état de perfection et la perfection ne peut pas être de ce monde.

Pardonnez-moi pour cette réflexion quelque peut incongrue, et qui porte atteinte à ces religions, en particulier au bouddhisme. Là n’était pas le but, mais ce genre de pensée donne tellement à cogiter… Avec tous ces morts bien réels que l’on voit à la télé ou dont on entend parler autour de nous, la mort paraît parfois omniprésente. J’ai du mal à penser que tout s’arrête d’un instant à l’autre, d’un coup, comme ça.

L'Ecrivain-militant

Arundhati Roy, qui s’est fait connaître internationalement avec Le Dieu des petits riens (God of small Things), offre dans L’Ecrivain-militant, recueil d’essais, une vision de la société actuelle du point de vue de l’Inde, ou plutôt d’une Inde qui se veut objective face à ses problèmes et consciente du sort des plus démunis.
Politique des grands barrages, discrimination voire génocide des populations musulmanes, héritage des actions non-violentes de Gandhi… Mécanismes du pouvoir, de la corruption et des accords imposés par les grandes entreprises occidentales… Tout ça, je n’en savais rien. Comment un pays pauvre économiquement, mais immense de part ses disparités culturelles et les richesses qu’elle en tire, se situe dans une société de mondialisation où tout est dicté par les grandes puissances. Comment résister, se faire entendre, survivre même quand tout le monde a décidé du contraire. Comment prouver que ce tout le monde est en fait minoritaire et qu’il a beaucoup plus à apprendre de ce pays que ce qu’il prétend lui apporter.

Ca y est, j’ai la réponse.

Ca y est, j’ai la réponse. Je pars au Canada pendant neuf mois. Enfin, si j’arrive à vaincre l’épreuve des papiers à obtenir à l’ambassade et au service d’immigration et à la fac et à la banque… Trouver quelqu’un pour loger dans mon studio quand je ne serai pas là, trouver un logement sur place, ouvrir un compte en banque, être en règle avec l’université locale… Mais ça fait un an que l’idée me trotte dans la tête : partir un an à l’étranger pour poursuivre ses études, qui n’en rêverai pas ? Oui, bon, d’accord, beaucoup ne souhaitent pas le faire, de peur de laisser ce(ux) qu’ils ont ici. Et c’est là tout le problème en fait. Sur le coup on ne pense qu’aux avantages, passer une année dans une super fac, un super pays, des gens supers…Une expérience à ne pas louper, quoi, sauf que quand vous savez que vous allez partir, les choses se gâtent. Tout le monde vous dit que ce que vous faites est génial et qu’il faut en profiter, surtout les personnes les plus proches, mais vous voyez parfaitement dans leur regard cette pointe d’amertume qu’ils ont à l’idée que vous allez les quitter. Et là, comme une claque en pleine figure, une vague de culpabilité s’empare de vous : vous les abandonnez au moment où ils ont le plus besoin de vous. Mais maintenant c’est trop tard pour reculer, vous vous en voudriez toute votre vie d’abandonner une opportunité comme celle-là, vous vous êtes battus pour remplir votre dossier, vous l’avez mérité, cette place ! Et puis vous ne pouviez pas prévoir que ce qui est arrivé arriverait, que les choses ne sont plus pareilles maintenant et qu’elles rendent votre départ beaucoup plus difficile.
Que se passera-t-il quand vous serez là-bas ? Les gens, les expériences, la vie… Que se passera-t-il pour eux quand vous serez là-bas ? Et quand vous rentrerez, neuf mois après ? Evidemment il y a 90% de chances pour que les relations ne soient plus les mêmes. Dans le mauvais sens, vous savez très bien de quelle genre de relations je veux parler.
Ma décision est prise, je pars, mais avec le sentiment d’avoir trahi.
Alors ça marche comme ça ? Des centaines de milliers de morts et des gouvernements qui s’enferment dans leur fierté en refusant obstinément de reconnaître leur responsabilité ? Indigné, offensé, le petit secrétaire d’Etat ? Il fallait bien qu’il s’y attende, le peuple rwandais vit dans le souvenir du génocide depuis dix ans et tout le désespoir qui va avec. Et il trouve encore le moyen d’étaler son orgueil en partant quelques heures plus tôt comme si de telles accusations étaient insupportables… Le fait que Kagamé soit soupçonné d’avoir joué un rôle dans l’attentat contre le président Habyarimana, c’est une autre affaire. En ce qui concerne son attitude envers la France il a osé dire ce que beaucoup pensent, à commencer par les Rwandais, qui sont les premiers concernés pour autant que je sache.
Les 800 000 morts et leurs familles, qu’est-ce qu’ils en font de leur orgueil ?

« Incident diplomatique »

Hier, pendant la commémoration du génocide qui s’est déroulé il y a dix ans, le président rwandais Paul Kagamé a critiqué les Français qui « ont l’audace de rester là sans s’excuser ». Indigné, le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Renaud Muselier, qui représentait la délégation française, a écourté son séjour dans le pays. Le président Kagamé accuse le gouvernement français d’avoir « armé et entraîné sciemment les soldats gouvernementaux et les milices qui allaient commettre un génocide, alors même qu'il savait qu'ils préparaient ce génocide ».
Parmi les pays mis en cause dans le génocide rwandais, la France est le seul pays à ne pas avoir présenté d’excuses au peuple rwandais. Seule la Belgique a envoyé un haut dirigeant pour représenter le pays, à savoir le premier ministre.
« Leurs menaces et leurs efforts pour nous intimider ne m'impressionnent pas» : Paul Kagamé a ainsi fait directement allusion à la publication dans le journal Le Monde, d’un rapport l’accusant d’être à l’origine de l’attentat dans lequel le président hutu Juvénal Habyarimana a trouvé la mort et qui avait marqué le début du génocide.
Au moins 800 000 personnes tuées à la machette en un mois.
Qu’en disait-on il y a dix ans ?
La France n’ose même pas reconnaître sa responsabilité. Alors quant à demander pardon…
Le vote des Espagnols en faveur de José Luiz Rodriguez Zapatero a-t-il été influencé par les attentats de Madrid ? De toute évidence, oui. Mais selon Le Monde daté du 17 mars, une rumeur se répand parmi la presse britannique et les milieux dirigeants italiens et américains, selon laquelle c’est « la peur du terrorisme » qui aurait déterminé les résultats du scrutin.
Evidemment, les Espagnols ont peur : quel peuple, victime du terrorisme depuis des dizaines d’années, n’éprouverait pas ce sentiment ? Cependant, plus que la peur, c’est la mémoire, ravivée par les attentats, qui est à prendre en compte. Mémoire des mensonges du gouvernement qui, s’accrochant aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, a repris la thèse des armes de destruction massive pour justifier une guerre en Irak, mémoire des protestations en masse du peuple contre cette guerre, restées sans réponse… Aznar a menti jusqu’à la fin, quand il a tout fait pour cacher à l’opinion publique l’éventualité d’une responsabilité d’Al-Qaida dans les attentats de Madrid. Le résultat du vote de dimanche dernier est donc justifié et même logique : quand un gouvernement n’est plus en accord avec le peuple qu’il dirige, il faut s’attendre à ce que ce dernier réagisse.
Oui bon d’accord, l’O.N.U. c’est pas génial contre le terrorisme international. Si ça devient LE problème de la décennie, c’est clair que sans une réforme du système on n’arrivera pas à grand-chose.

Avez-vous remarqué que quand un attentat survient aux Etats-Unis, les Américains se planquent chez eux, alors que quand ça arrive en Espagne la première réaction de la population est de sortir dans la rue ?
Différences de mentalités…

Cannibalisme poétique

La vision populaire du cannibalisme reste toujours très violente et l'attribue à des peuples primitifs et cruels. Cet acte (qui n’est plus pratiqué par aucun peuple aujourd’hui), quand il est étudié sous un angle un peu plus poussé, peut pourtant révéler des aspects étonnants.
Il faut savoir que le cannibalisme a toujours une signification plus ou moins cachée et détient une importante valeur religieuse ou magique ; celles-ci varient selon les cultures, tout comme les formes du rituel. Ainsi les indiens Guayaki (étudiés et rendus célèbres par P. Clastres) pratiquent l’endocannibalisme, en mangeant leurs morts. En effet, chez eux les morts ne doivent pas reposer dans la terre, car ainsi ils encombreraient la mémoire des vivants. Le cannibalisme est d’ailleurs une prescription : ceux qui ne participent pas au rituel sont menacés d’être tués par les morts, sauf les proches parents du défunt, qui réaliseraient une sorte d’inceste. L’estomac des membres de la tribu devient alors le cimetière des défunts, et manger les morts un moyen de faciliter le travail de deuil.
Le meilleur moyen de tuer les morts est de les accueillir en soi…

P. CLASTRES, Chronique des indiens Guayaki
Et d’après ma prof d’anthropo

Et si l’O.N.U. n’était pas menacée ?

Il y a un an maintenant, nous assistions à l’une des plus graves crises diplomatiques depuis la fin de la deuxième Guerre Mondiale. Du moins, c’est ce que l’on nous disait. Les Etats-Unis s’étaient mis en tête d’entrer en guerre contre l’Irak pour y chercher la preuve de l’existence d’armes de destruction massive, tandis que la France et l’Allemagne prenaient la tête du mouvement anti-guerre. Les débats s’enchaînaient à l’Assemblée Générale des Nations Unies, dans la presse, à la télévision, et bientôt deux camps s’opposèrent : ceux qui légitimaient la guerre en Irak et ceux qui la refusaient. Les pro-Américains contre les anti-.
Finalement les Nations Unies décidèrent de ne pas cautionner une action armée et, oh ! surprise, les Etats-Unis passèrent outre. Ils envoyèrent des soldats chez Saddam Hussein et tout le monde se dit que l’O.N.U. n’avait servi à rien, et qu’elle ne servirait plus jamais. C’était la fin du système mondial d’après-guerre et la confirmation de la toute-puissance diplomatique et militaire des Etats-Unis.

Un an après, les choses n’ont finalement pas beaucoup changé. Il n’a toujours pas été décidé de réformer le système onusien et celui-ci fait son travail comme avant. En fait je me demande si, au lieu de le discréditer, l’affaire de la guerre d’Irak ne lui a pas donné un petit coup de pouce. Je m’explique. Cette organisation existe maintenant depuis cinquante ans, cela fait donc cinquante ans qu’elle débat, décide, surveille, contrôle, prend des résolutions… elle a eu le temps de devenir une véritable institution, dont l’efficacité n’avait jamais vraiment été remise en cause.
Seulement c’est vrai que cinquante ans, c’est long et aujourd’hui la majorité des gens connaissent peut-être mal son fonctionnement et son utilité. Et c’est en cela qu’il me semble que la crise de l’année passée a justement été une bonne occasion de la redécouvrir. En effet à l’époque on en entendait parler tous les jours, les journaux télévisés rendaient compte des séances de la journée, images et explications à l’appui. Je me souviens avoir regardé pendant quelques dizaines de minutes une séance particulièrement décisive, ayant ce jour-là accès aux chaînes câblées qui la retransmettaient. L’O.N.U. était soudain devenue accessible et beaucoup prirent alors conscience de son existence et de son importance.

Quant à la décision des Etats-Unis de ne pas prendre en compte le vote des autres pays, est-elle si menaçante ? N’y a-t-il pas un courant mondial qui se dessine contre les actions et la politique de cet Etat ? Chirac n’a-t-il pas pris la décision de voter contre la guerre en tenant compte de ce même courant, démontrant ainsi l’influence croissante de celui-ci ? En clair, personne n’est dupe : les Américains s’enfoncent dans leur politique impérialiste et sont en train de se mettre tout le monde à dos, les pays émergeants en premier. Alors quand ils s’attaquent à la première institution inter-étatique alors que celle-ci est sur-médiatisée, je ne pense pas que ce soit eux que l’on veuille défendre.

L’O.N.U. est relativement efficace et l’opinion publique sait qu’elle existe. Prétendre qu’elle était devenue inutile n’a certainement pas été la meilleure réaction pour l’aider à le prouver.
« Les théoriciens les plus modernes affirment qu’il n’y a aucune relation entre la personne d’un auteur et son œuvre ».
Cette phrase est tirée d’un article d'Antonio Muñoz Molins, paru dans El País Semanal (pas récemment).

On en apprend tous les jours. Une telle idée me paraît un peu aberrante, il faudrait qu’on m’explique. Je ne m’y connaît pas en art et encore moins en théorie de l’art, mais s’il y a bien une chose que je sais dans ce domaine, c’est qu’un artiste est façonné par son passé, ses expériences, sa personnalité et tout ça transparaît dans ses œuvres. Tellement de facteurs interviennent dans la façon dont il réagit au processus de création, c’est ce qui fait la particularité de chacun. Demandez à dix artistes de peindre un sujet quelconque, vous obtiendrez dix tableaux différents. Faites la même chose avec dix cinéastes, dix sculpteurs, dix musiciens, ce sera pareil.
Non, l’œuvre n’est pas en « relation » avec l’artiste, l’œuvre est l’artiste.

C’est comme dire qu’un bon gros gâteau au chocolat n’a aucun rapport avec le lait de la vache ni le cacao…

Des nouvelles de Ciudad Juarez

Dans son édition du 19 février, Le Monde consacre un article sur la mobilisation d’actrices américaines et mexicaines contre le drame de Ciudad Juarez. Celles-ci ont défilé samedi 14 février avec plusieurs centaines d’autres manifestants pour exiger l’accélération de l’enquête concernant les meurtres et les disparitions de femmes observés dans cette ville.
Selon Amnesty International, entre 370 et 375 femmes auraient été assassinées et le nombre de disparues s’élèverait à plus d’un millier.
Le président du Mexique, Vicente Fox, « a désigné une spécialiste des droits de l’homme, Guadalupe Morfin Otero, pour diriger une commission de coordination des différentes enquêtes » et un procureur spécial, Maria Lopez Urbina, a été nommé par le procureur général du Mexique, Rafael Macedo, pour « élucider les meurtres de Ciudad Juarez ».
Ces nominations marquent l’entrée dans une nouvelle phase de l’enquête, qui appartient désormais aux autorités fédérales, et la prise de conscience de l’importance de l’affaire par le gouvernement mexicain. Reste à savoir si ces deux femmes parviendront à mener à bien leur mission, alors qu’elles ont déjà commencé à rencontrer l’opposition des autorités locales.

Tous les soirs, à 20 heures...

Jeudi 12 février, le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) a adressé une mise en demeure à la chaîne publique France 2, suite à l’erreur commise lors du journal de 20 heures du 3 février dernier : le présentateur David Pujadas avait annoncé le retrait de la vie politique d’Alain Juppé, information qui s’était avérée inexacte. Cette décision a été prise selon la loi du 30 septembre 1986 qui stipule que les sociétés de programmes « assurent l’honnêteté de l’information ». Les journalistes sont ainsi tenus, et cela peut paraître normal, de révéler des informations véridiques.

Mais « assurer l’honnêteté de l’information », cela concerne-t-il uniquement le contenu de l’information ? Les journalistes ont peut-être un autre devoir… A la télévision, la forme est aussi importante que le fond, sinon plus. Devant un poste de télé, notre attitude passive diminue notre esprit critique et il est difficile de réfléchir à ce qu’un présentateur nous fait avaler. Or les journalistes en profitent trop souvent pour nous faire entendre et voir ce qu’ils ont envie que nous entendions et voyions. Deux fois par jour exactement, à 13 heures et à 20 heures.

Un reportage sur la vie trépidante du troupeau de vaches de Marcel B., fermier d’Ozouer-le-Voulgis, ou la cueillette des mirabelles par temps de pluie ne comportera que des informations exactes, pourtant il ne sera d’aucune réelle utilité et masquera d’autres informations, beaucoup plus importantes mais ne pouvant être diffusées faute de temps. Cependant au journal de 13 heures, on ne parle pratiquement que de ce genre de choses. Cela devient vraiment dangereux lorsque l’information est « détournée » : donner plus de temps d’antenne à tel sujet qui ne le nécessite pas vraiment, choisir même de traiter un sujet plutôt qu’un autre… (Il y a deux ans, en période de campagne présidentielle, tout le monde sait que les journaux télévisés ont diffusé des sujets sur l’insécurité beaucoup plus qu’en temps normal). Pendant ce temps-là, ailleurs il se passe des choses qui n’ont rien à voir avec les mirabelles et on n’en parle pas…

Il ne faut pas se leurrer, les gens ne sont pas tous supra-intelligents, ils n’ont pas tous la capacité d’analyser ce qu’on leur sert. La télévision, qui pour beaucoup constitue l’unique vecteur d’information, en est arrivée à un point où elle les manipule tout en leur faisant croire qu’ils sont pleinement maîtres de leurs pensées. De nombreuses personnes en sont ainsi amenées à avoir une opinion injustifiée et influencée. C’est peut-être le but recherché. Et après ils discutent avec leur entourage de ce qu’ils ont regardé la veille au soir et vont voter.

Le débat est trop large et je ne peux pas en traiter tous les aspects ici mais je voudrais juste rappeler que l’information ne doit pas être seulement complète, elle doit être bien faite et responsable. La qualité plutôt que la quantité, en somme…

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